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Tests sur les animaux : les 3R* avancent

La période estivale 2009 a été perturbée par une polémique sur le nombre d’animaux qui allaient être sacrifiés suite à la réglementation REACH. On parlait alors de 9 ou 54 millions d’animaux sacrifiés (voir article sur le blog du 25 octobre 2009).

Il semblerait que la situation ne soit pas aussi dramatique : sur  4 300 substances enregistrées avant décembre 2010, ECHA n’a reçu qu’une centaine de demandes d’autorisation pour des tests sur les animaux.

Il faut savoir que dans un dossier ’2010′, 21 résultats de tests éco et toxicologiques sont normalement effectués sur des animaux. Dans certain cas, en fonction des résultats des tests et des propriétés physico-chimiques de la substance, il est possible de réduire ce nombre à 15. Dans le pire des cas, un simple calcul arithmétique donne le chiffre de 90 300 tests. Tests qui ont, pour la plupart, été effectués bien avant REACH.

Il est rassurant de savoir qu’à l’été 2011, ECHA n’a reçu que 1 175 demandes pour des tests sur les animaux dont 711 pour des tests sur des vertébrés. Seuls 107 tests datés d’après 2009 auraient été effectués sans autorisation préalable.

Comment expliquer ceci face aux craintes de l’été 2009 ?

ECHA, dans ses documents guides, a mis en avant toute une série de méthodes alternatives (read across, waiving, QSAR…) afin que la demande de nouveaux tests soit le dernier recours.  Il semblerait que l’industrie chimique ait bien utilisé ces alternatives et donc minimisé  le recours aux nouveaux tests.

Un recours au test sur animaux à la baisse !

La communauté européenne a sponsorisé, à l’auteur de 3 millions d’euro, un projet qui va sensiblement réduire le recours à des nouveaux tests. Coordonné par le département de toxicogénomique de l’université de Maastricht, le projet va agir sur deux fronts en parallèle : le développement des alternatives aux tests sur les animaux grâce à une meilleure compréhension de la toxicologie et de ses mécanismes, et la création d’une seule base de données toxicologiques au lieu des 7 actuellement présentes en Europe. Cette unique base de donnée sera rendue publique et permettra de mieux estimer la présence d’effets toxiques, aiguës ou chroniques, d’un produit chimique.

Pour plus d’information sur le projet veuillez consulter le site de l’université de Maastricht (en anglais).

La dernière nouvelle est un rapport annuel publié en début novembre.

SEURAT vient de publier son premier rapport annuel intitulé «Towards the replacement of in vivo repeated dose systemic toxicity testing » càd « Vers le remplacement des tests de toxicité répétés in vivo ».

Qu’est SEURAT ? SEURAT (Safety Evaluation Ultimately Replacing Animal Testing) est une initiative Européenne créée suite à une proposition de la Commission Européenne en 2009 avec le but d’accélérer le développement des tests sans animaux qui puissent remplacer les tests actuels. Pour plus d’information sur SEURAT, veuillez aller sur leur site, en anglais.

Puis il y a l’initiative anglaise NC3R (National Centre for the Replacement, Refinement and Reduction of Animals in Research) et son nouveau projet CRACK-IT, sans compter les autres que nous ne connaissons pas.

Suite au nombre croissant d’initiatives pour développer des méthodes alternatives aux tests sur les animaux et au nombre limité de tests demandés suite à la première échéance de REACH, il est difficile croire au carnage d’animaux prédit dans l’été 2009 comme conséquence de l’application de REACH.

Par Chiara Perazzolo
Responsable REACH

____________________________________________

*Pour les non-spécialistes la signification des 3R est la suivante :

Reduce : réduire le nombre d’animaux nécessaires pour une expérience

Refine : améliorer l’expérience afin de réduire le stress et la douleur pour les animaux

Replace : remplacer les tests sur les animaux par d’autres méthodes.  Comme par exemple : des cultures de cellules, des modèles mathématiques ou une base de données qui pourrait permette d’estimer la toxicité d’une substance en fonction des données sur des substances avec une structure chimique similaire.

 

 

 

 

 

2 réponses à Tests sur les animaux : les 3R* avancent

  • Pierre dit :

    De toute façon, ces chiffres sont toujours sous-évalués et biaisés à plusieurs niveaux. Même si l’on veut nous faire croire que les 3R avancent tout en nous susurrant que les chercheurs (ou vivisecteurs) sont des hommes et des femmes de compassion, possédants une certaine éthique et un sens humain, nous savons également que les animaux utilisés sont globalement en progression (REACH, recherche médicale/fondamentale etc).
    Ce dernier rapport annuel est un coup de pub pour montrer “qu’il n’y aura pas tant d’animaux qui seront intoxiqués que ça” car si j’en crois ce rapport, nos chers expérimentateurs se seraient mis soudainement aux méthodes substitutives ? Dans ce cas, pourquoi n’utilisent-ils pas ces mêmes méthodes de substitutions pour des tests autres que REACH ?

  • Alberto dit :

    cela fait des années qu’on nous enfume avec les 3R qui permettraient de réduire le nombre d’animaux utilisés, or les chiffres réels ne diminuent pas du tout, bien au contraire, les chiffres officiels ne prennent en compte que les animaux comptabilisés dans les protocoles.
    par exemple, le taux de succès de “création” d’un animal transgénique est extrêmement faible, ce qui signifie que pour 1 animal “créé”, des dizaines d’autres sont sacrifiés et ne sont donc jamais comptabilisés.
    les 3R ne sont qu’une honteuse opération de communication orchestrée par les vivisecteurs et les services de communication des labos et organismes d’état, afin de calmer le grand public et de faire oublier l’expérimentation animale.
    les véritables scientifiques ne sont pas favorables aux 3R, car elles ne remettent pas en cause l’expérimentation animale, qui est basée sur une fraude méthodologique.
    et enfin je rappelle que la validation scientifique est obligatoire pour les méthodes de substitution sans animaux, alors que l’expérimentation animale n’a jamais été validée par personne… cherchez l’erreur

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